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Monsieur le Président de la République : dignement vôtre !

“Je vous ai compris”, a affirmé le Président de la République lors de sa dernière adresse à la nation suite aux soulèvements populaires. Nous savons qu’il a compris et croyons également que nous l’avons compris.

Les propos qui suivront pourraient être qualifiés de dithyrambiques, voire de chimériques. Ils émanent juste du cœur d’un citoyen ordinaire, soucieux du devenir de son pays et de l’ambiance anxiogène et de rivalité qui y sévit depuis quelque temps. Pour cela, il s’adresse à son Président de la République, celui-là même qui a été par deux fois, légitimement et légalement, élu.

Monsieur le Président de la République est le Président de tous les Sénégalais, et cela, jusqu’en 2024, année d’une nouvelle élection.

Comme tel, il lui reste des actions à poser, des initiatives à poursuivre et des attentes à satisfaire. Donc, il ne doit pas lâcher prise.  De son panache dépend tout l’espoir de la nation. Les derniers soubresauts lui ont certainement rappelé les belles pensées du Président Lamine GUEYE qui disait que “tant qu’il reste à faire, vous n’avez encore rien fait”, et du Président Abdou DIOUF citant Sören KIERKEGAARD “ce n’est pas le chemin qui est difficilec’est le difficile qui est le chemin ». C’est cela la gestion publique dans un Etat aussi rebelle et revendicateur que le Sénégal. Son peuple veut toujours plus et encore mieux. Donc, il n’est pas question d’abdiquer, de baisser les bras. Pas d’optimisme béat, mais aussi pas de renonciation. Il a bien tenu la barque en bon capitaine, il doit donc galvaniser son équipage pour que les matelots hissent haut.

Le Président de la République a compris ! Aux autres, les nommés comme les élus de son camp, de comprendre que le snobisme et l’Etat-spectacle sont révolus. C’est le signal fort qui a été lancé. Qu’ils se rendent accessibles et joignables. Qu’ils soient à l’écoute et plus proches des populations pour lesquelles ils sont désignés es qualite. Peu d’entre eux décrochent leur téléphone, répondent aux courriers et reçoivent les usagers. Beaucoup d’entre eux font du tri sélectif digne des éboueurs. Ils doivent l’aider en étant au service du public en tant que gestionnaires d’un service public. Le contraire serait vu comme de l’arrogance ou du mépris.

Le peuple sénégalais a muri et ses attentes sont au niveau des valeurs positives qui fondent notre identité. Pour le reste, Monsieur le Président de la République pourrait recevoir la palme d’or. Le bilan de son premier mandat est plus que positif. Il doit en être fier, comme le Sénégal, du reste. Il ne doit pas en rougir. Pour ce mandat en cours, nous espérons un résultat plus élogieux. Les politiques sociale, infrastructurelle, éducative, énergétique, sanitaire, territoriale, diplomatique ont connu des succès jamais égalés. Toutefois, beaucoup de chantiers sont à explorer et à achever. Le cas de la jeunesse est des plus urgents.

Excellence, il faudra se redresser et attaquer le mal à la racine en redevenant l’élu de 2012. Nous rêvons d’hier. Nous rêvons du Macky SALL de 2012 qui dort toujours en lui : le rassembleur des coalitions Dekkal Ngor, Macky 2012 et BENNO BOK YAKAAR. Nous rêvons de ce Macky, au terrain vague de Diamalaye, debout, face à tous les républicains, patriotes et démocratiques, qui les avait remerciés et conviés à la construction d’un Sénégal paisible et prospère.

Vous êtes encore capable d’unir les pionniers d’hier, alliés de la première heure qui ont cru en vous et ceux qui sont venus après sans fermer aucune porte à qui voudrait entrer. En bon père de famille, Père de la Nation, rassemblez les enfants de la République. Vous l’avez réussi avec Idrissa Seck, Aïssata Tall SALL, Moussa SY et Oumar SARR. Pourquoi pas avec vos “doomu baay” Khalifa SALL, Thierno Alassane SALL, Mansour SY Djamil et Karim WADE, avec vos jeunes frères Cheikh Bamba DIEYE, Bougane GUEYE et Ousmane SONKO ? Loin de nous l’idée de promouvoir la transhumance ou l’entrisme, mais juste pour instaurer un dialogue permanent, apaisé et constructif. Une opposition, il en faut dans une démocratie sinon on vire vers une démocrature. Mais parfois, il faut savoir s’arrêter, se parler, se comprendre pour comprendre et reprendre les choses en main.

Excellence, rappelez dans les rangs tous ceux qui vous ont accompagné, du premier remaniement ministériel au dernier. Certains sont là, avec vous, à l’ombre certes, mais vous aiment toujours. Par votre signature, ils ont pu servir dignement le pays. Nous comprenons que certains ne veuillent pas oublier, mais pardonner et serrer la main qui leur sera tendue est un sacerdoce républicain, une obligation morale.

Nous refusons de croire que ce pays si convivial et jovial, qui commence à se redresser au point de taquiner les cimes, risque de s’enfoncer dans l’abîme. Selon l’ami et poète Amadou Lamine SALL, “un pays qui prie ne meurt pas”. Les propres du croyant sont la foi, le discernement et le dépassement. Il vous reste encore trois bonnes années pour ce mandat en cours que vous avez baptisé “Liggêyël ËlëK”. Que rien ne vous détourne de votre objectif. Que personne ne vous distraie.

Monsieur le Président, l’avenir se conjugue au présent. Vous êtes déjà rentré dans l’histoire et nous prions que vous y restiez à jamais. Pour cela, il vous faut juste de la lucidité, de la clairvoyance et de la générosité. Vous avez déjà bien travaillé mais l’atmosphère d’adversité pourrait flétrir votre ardeur et seul le Sénégal perdrait. Nous sommes convaincus que, tous ensemble, vous allez encore nous surprendre et de la plus belle des manières. Vous nous avez fait rêver en 2012 et, au soir du premier mandat, beaucoup de projets ont été réalisés. Vous nous avez promis un Sénégal émergent en 2035, il nous le faut avec la contribution des filles et fils du Sénégal qui ne vous veulent que du bien. Avec vous, ils le feront dignement. On passera ainsi d’une nouvelle donne à la bonne donne qui nous évitera de tomber de Charybde en Scylla.

MOUNIROU SY

Juriste

Citoyen sénégalais

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