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TOURÉ AL MOUSTAPHA: “J’AI ÉTÉ LE PREMIER IVOIRIEN À RECONNAÎTRE LA VICTOIRE DU PRÉSIDENT OUATTARA”


TOURÉ AL Moustapha n’est plus à présenter en Côte d’Ivoire et même au-delà. Cet ancien membre de la galaxie patriotique est aujourd’hui un chef d’entreprise prospère. Il était très proche de l’ancien Premier Ministre et Ministre de la défense feu AHMED BAKAYOKO. Dans cette interview à bâtons rompus, Al, comme l’appellent affectueusement ses proches, revisite pour LA DÉPÊCHE DE DAKAR et TERAL24.COM, un pan de l’histoire contemporaine de la Côte d’Ivoire, où il a été un acteur majeur. Son courage en bandoulière, TOURÉ Al Moustapha, malgré ses accointances à l’époque avec le régime de Koudou Gbagbo Laurent, a préféré, on se le rappelle,  l’exil à la négation de la victoire du Président Alassane Ouattara. Cette position à la limite suicidaire, dans un contexte post-électoral très tendu, lui a valu d’être l’ennemi public numéro un de ses anciens camarades de la galaxie patriotique qui était le fer de lance du régime de Gbagbo, sous la houlette de celui qu’on appelait, le “Ministre de la Rue”, Charles Blé GOUDÉAu cours des événements douloureux qui s’en sont suivis, sa maison a été saccagée, son restaurant parti en fumée. Pis, son frère qu’il aimait tant tué. Nonobstant tous ces sacrifices pour la cause du peuple, Al Moustapha n’est pas rancunier. Avec le recul, il  a pardonné à tous ses bourreaux qui lui en voulaient à mort. Aujourd’hui, il milite pour la paix et la vraie réconciliation en Côte d’Ivoire. Pour lui, le retour de l’ancien Président Gbagbo Laurent au bercail, après avoir été acquitté par la Cour Pénale Internationale (CPI),  est une chance que les ivoiriens de tout bord et de toutes obédiences politiques ou religieuses, doivent saisir, pour un retour définitif de la paix au pays de Houphouët-Boigny. En outre, il se dit satisfait de la gouvernance du Président Alassane Ouattara qui a réussi à remettre la Côte d’Ivoire, après l’épisode dramatique de la guerre civile, sur les rails de l’émergence. Il a également tiré chapeau bas au remplaçant de feu AHMED BAKAYOKO, au ministère ivoirien de la défense. Selon Al Moustapha, avec Téné Birahim, lui et ses amis sentent toujours la présence de BAKAYOKO. A l’en croire, l’actuel ministre de la défense à toutes les qualités requises pour succéder au Président Alassane Ouattara. Toutefois, il demande la protection de ce dernier, face à certaines personnes tapies dans l’ombre qui veulent sa peau. Entretien exclusif à également dans LE QUOTIDIEN LA DÉPÊCHE…


POUVEZ-VOUS VOUS PRÉSENTER À NOS LECTEURS?

Je me nomme Touré Al Moustapha. Je suis le Président du Groupement des opérateurs économiques de Côte d’Ivoire. Je suis le Directeur Général de AFRIQUE TRANSIT. Et ex membre de la galaxie patriotique. 

VOUS ÉTIEZ TRÈS PROCHE DE FEU L’ANCIEN PM AHMED BAKAYOKO. COMMENT VOUS VOUS ÊTES CONNUS?

Ahmed Bakayoko je l’ai connu en 1995 dans l’espace universitaire de Cocody, alors qu’il était encore étudiant. Il résidait à la cité Mermoz de Cocody. Depuis lors, nous sommes restés amis jusqu’à son décès. 

VOUS QUI L’AVEZ CONNU DEPUIS 1995. POUVEZ-VOUS REVENIR SUR LA PARTICULARITÉ DE HAMBACK?

Ahmed Bakayoko était un grand homme. J’ai perdu un grand frère. J’ai perdu un protecteur.J’ai perdu une partie de moi-même. Il ne rejetait personne. Moi, j’ai perdu mes parents très tôt. J’ai été refoulé par tout le monde sauf Ahmed. Je dois ce que je suis devenu aujourd’hui grâce au Bon Dieu mais aussi grâce à Ahmed. Il était très généreux. Il tendait la main à tout le monde. Que tu sois bon ou mauvais. Il se disait que quand quelqu’un à un défaut, on peut réparer ce défaut. Pour lui, personne n’est né mauvais. Il était le papa de tous les ivoiriens, de toute la jeunesse. Il était l’ami de tout le monde.

POUVEZ-VOUS REVENIR SUR LES TEMPS FORTS DE VOTRE COMPAGNONNAGE?

Il faut rappeler aussi, que lors des funérailles de DJ Arafat, j’étais le chargé de sécurité. Dieu merci tout s’est bien passé. Aussi, j’ai été le premier ivoirien à reconnaître la victoire du Président Ouattara. J’ai perdu mon frère. Mon restaurant a été incendié. J’ai même fait un an et demi d’exil au Sénégal. Le frère Ahmed Bakayoko m’a beaucoup soutenu surtout pendant mon exil à Dakar. Et même quand je suis rentré, il a continué à me soutenir. Ce qui m’a le plus marqué, c’ était une personnalité mais il était aussi comme une personne ordinaire. Tout le monde avait accès à lui. Il prenait le temps d’écouter tout le monde. 

AHMED BAKAYOKO ÉTAIT VOTRE AMI, VOTRE PROTECTEUR. APRÈS SON RAPPEL À DIEU, EST-CE QUE VOUS SENTEZ LE MÊME ÉLAN NOTAMMENT DU CÔTÉ DE SON SUCCESSEUR AU MINISTÈRE DE LA DÉFENSE DE CÔTE D’IVOIRE?

Après le décès de mon ami et frère Ahmed Bakayoko, je vous avoue très sincèrement que des personnes tapies dans l’ombre, en ont profité pour proférer des menaces à mon encontre. L’occasion faisant le larron, je profite pour dire un grand MERCI au Ministre de la défense monsieur Téné Birahim Ouattara qui a su s’occuper des partisans de l’ancien Premier Ministre, et Ministre de la défense. Il a su assurer la continuité. Il n’y a pas eu de chasse aux sorcières.Il est très communicatif avec tout le monde. Il est à la disposition de tout le monde. Je félicite Monsieur Téné Birahim. Je lui dis un grand MERCI. Grâce à lui, nous sentons toujours la présence de Ahmed Bakayoko.  

D’AUCUN ESTIME QUE L’ACTUEL MINISTRE DE LA DÉFENSE A LE PROFIL IDÉAL POUR SUCCÉDER AU PRÉSIDENT ALASSANE OUATTARA. EST-CE VOTRE AVIS?

Je dirai oui. C’est mon avis. Parce que c’est un homme très rigoureux, un travailleur infatigable, un économiste, un homme disponible aussi. Je pense qu’il a le profil pour succéder démocratiquement au Président Ouattara. 

ANCIEN MEMBRE ACTIF DE LA GALAXIE PATRIOTIQUE, VOUS AVIEZ EU LE COURAGE EN UN MOMENT OU CE N’ÉTAIT TROP ÉVIDENT DE RECONNAÎTRE LA VICTOIRE DE MONSIEUR ALASSANE OUATTARA. CELA VOUS A VALU L’EXIL À DAKAR. VOUS AVEZ MÊME PERDU VOTRE FRÈRE. AVEC LE RECUL, POUVEZ-VOUS REVENIR SUR CETTE PARENTHÈSE DE VOTRE VIE?

Après ces fameuses présidentielles, il y a eu un second tour où Ouattara était en tête.J’étais membre de la galaxie patriotique, les jeunes proches de Gbagbo. Je n’ai fait que dire la vérité.Je n’ai fait que dire ce que j’ai constaté. Le Président était bien en tête.J’ai pris mon courage à deux mains. Étant en Côte d’Ivoire, plus précisément à Abidjan, j’ai eu à dire ma part de vérité comme quoi, c’est Alassane Ouattara qui a gagné. Ça n’a pas plu à certains. J’ai perdu mon frère. Mon restaurant est parti en fumée. Ma maison a été saccagée.J’étais obligé de fuir le pays. Je suis passé par le Ghana. Je me suis retrouvé au Mali. Et finalement je me suis réfugié au Sénégal. J’en profite pour encore dire un grand MERCI à Ahmed Bakayoko qui m’a beaucoup soutenu dans mon exil. J’ai beaucoup perdu. Et je n’ai rien demandé en retour .Aujourd’hui la paix est revenue. Abidjan est en chantier. C’est l’émergence totale en Côte d’Ivoire. Je suis fier de Ouattara. Je suis fier du travail qu’il a abattu. Et vraiment, je suis très content de lui. 


QUE VOUS INSPIRES LE RETOUR DE GBAGBO LAURENT APRÈS 10 ANS D’ABSENCE? 

Le retour de Gbagbo va booster le processus de réconciliation en Côte d’Ivoire. Ce retour va apporter du baume au cœur des ivoiriens. Je crois que la vraie réconciliation se fera à travers ce retour de Gbagbo au pays. Je dis un grand MERCI au Président Ouattara qui a permis ce retour. C’est un homme au grand cœur. Un grand travailleur. Un grand bâtisseur.J’en profite aussi pour dire un grand MERCi au Ministre de la réconciliation, le ministre Kouadio Konan Bertin dit KKB. Un homme proche de la société civile, de la jeunesse de l’opposition mais aussi celle du parti au pouvoir. Le Président a fait le bon choix en choisissant ce ministre qui est un travailleur infatigable. Je pense que la réconciliation, vraie est en chemin. 


TOURÉ AL MOUSTAPHA  A-T-IL DES AMBITIONS POUR SON PAYS?Au vu de mon parcours, naturellement, j’ai des ambitions politiques pour mon pays la Côte d’Ivoire. Que je le veuille ou pas, je suis un homme politique. Je suis très très connu dans mon pays et même à travers l’Afrique. J’ai des ambitions politiques. Mon parti aujourd’hui, c’est le RHDP, le Rassemblement des houphouétistes pour la Démocratie et la Paix. Le RHDP pourquoi? Vu l’énorme travail qui a été abattu par le Président Ouattara, j’ai une grande admiration pour lui. Mon mentor, mon ami et frère feu Ahmed Bakayoko était de ce grand parti, alors je ne peux qu’adhérer à cette grande formation politique. J’en profite pour interpeller le Président de la République de veiller sur nous, les proches de Ahmed Bakayoko. Nous avons aussi des ennemis tapis dans l’ombre qui tirent les ficelles.Je salue également la grandeur de l’actuel Vice-Président de l’Assemblée Nationale BICTOGO qui est un frère à moi. C’est un homme très courageux, toujours à l’écoute du peuple. Je lui dis bonjour. Et je lui dis de veiller également sur nous. Téné Birahim, je lui dis de veiller également sur nous, nous qui étions les proches collaborateurs de Ahmed Bakayoko. 

UN MOT SUR LES RELATIONS ENTRE LA CÔTE D’IVOIRE ET LE SÉNÉGAL?

Les relations entre la Côte d’Ivoire et le Sénégal sont au beau fixe. La Côte d’Ivoire et le Sénégal forment un seul pays. Il y a des milliers de sénégalais qui vivent ici plus précisément au quartier Treichville. 

COMMENT ENTREVOYEZ-VOUS L’AVENIR DE LA CÔTE D’IVOIRE?

Je pense qu’avec l’arrivée de Gbagbo, on va mener la réconciliation vraie, avec KKB qui est l’homme de la situation. La vraie paix n’est plus loin. La vraie paix est déjà là. Vive la Côte d’ivoire, vive le Sénégal.   

PROIPOS RECUEILLIS PAR SIAKA NDONG EN DUPLEX DEPUIS DAKAR

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