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CONTRIBUTION : Désenclaver les esprits pour voir la trajectoire d’émergence (Par Mamadou NDIONE DG du COSEC)

« Kédougou n’est pas loin, c’est Dakar qui est loin ». Cette leçon qui m’avait été donnée par le Maire de Kédougou est pleine de sens. Il avait raison. Kédougou est proche de l’hinterland africain alors que Dakar fait face à l’océan Atlantique. Si cette phrase devait faire l’objet d’une dissertation il y aurait sans doute des « différences convergentes » puisqu’en réalité Dakar est à la fois proche et loin tout comme Kédougou avec les politiques publiques initiées par le Président Macky SALL pour créer davantage d’opportunités pour le Sénégal des profondeurs.

À l’instar de la question actuelle sur la finalité de la ville de Dakar, il est fréquent au Sénégal que le débat public se cristallise un peu trop sur des aspects crypto personnels au détriment de questions de fonds liées à la trajectoire globale du pays. Il arrive aussi que le diktat de l’évènementiel amplifié pour des raisons de pur marketing brouille le débat et installe une sorte d’omerta sur les projets, acquis et étapes futures de la marche du pays. Ce texte est pour rappeler les fondamentaux, les acquis et la trajectoire d’ensemble des initiatives du Président Macky SALL.

D’emblée pour mieux comprendre les actes posés par le Président Macky SALL, il faut de temps en temps relire le programme Yoonu Yokkute ou le chemin du véritable développement. En réalité, le Yoonu Yokkute avait une ambition de correction du modèle hérité de la colonisation ; en somme s’attaquer à la fois à l’infrastructure et à la superstructure pour désenclaver d’abord les esprits. Le candidat à l’élection présidentielle de 2012, y avertissait déjà en ces termes : « Le chemin sera difficile, mais rien ne doit entamer notre détermination et notre persévérance ». Il savait que ce pays avec la macrocéphalie urbaine de Dakar ne pouvait prendre le rail de l’émergence que par l’accent mis prioritairement sur la jeunesse, les femmes et le monde rural. Pour toucher ces cibles, le candidat Macky SALL avait dessiné déjà dans son projet, les 5 axes solidaires que sont la lutte contre les injustices sociales, la mise en place des bases économiques du développement, l’atteinte d’une productivité développante, le renforcement de l’efficacité démocratique ainsi que la garantie de la quadratique (paix, sécurité, stabilité et intégration africaine). 

Sur la base de cette vision, qu’est-ce que le Président Macky a fait ?

En huit ans de pouvoir, les politiques publiques mises en œuvre par le Président Macky SALL de 2012 à 2020, à travers notamment le versant planifié du Yoonu Yokkute qu’est le PSE Horizon 2035, ont donné des résultats qui ont fini de changer la trajectoire du Sénégal en dépit de l’ampleur de l’énorme choc exogène mondial nommé COVID-19. Pour mieux mesurer ce qui a été fait, nous devons savoir que nous sommes à quinze ans de l’horizon 2035 soit à 3/4 du trajet.

En huit ans de Présidence de Macky SALL, nous avons retrouvé la paix en Casamance et pu asseoir de meilleures relations avec les pays voisins, avec plus de fraternité avec la Gambie. Oui ! Nous avons pu mieux gérer l’intégrité territoriale et ramener plus de paix au Sud du pays dans un environnement sous régional marqué par la percée du terrorisme et du grand banditisme. Ce point essentiel, en plus d’être le premier critère d’évaluation d’un Chef d’état, doit être aussi le premier test pour tout aspirant au statut de Chef Suprême des armées.

En huit ans, le Président Macky SALL a mis en place une véritable révolution dans le domaine des infrastructures avec en illustration Diamniadio, un tampon moderne qui a permis d’éviter l’urbanisation sauvage de l’axe Thiès-Rufisque. Comment passer sous silence les 189 km d’autoroutes rajoutés par Macky sur les 32 km trouvés en 2012 de même que la moyenne de 293 km de routes par an, contre les 131 km par an pour le régime précédent ? Comment oser oublier le pont Sénégambie et les ponts en cours de Foundiougne (long de 1285 m) et de Marsassoum (long de 500 m) ainsi que la quinzaine d’autres ponts d’envergure réceptionnés pour désenclaver le pays ? Comment réduire au simple débat d’échéance le Train Express Régional et le BRT qui vont en plus de la fluidité et de la modernité des transports, résoudre une équation économique d’envergure avec plus d’efficience ? Comment vouloir zapper les moyens exceptionnels mis dans la santé, la pêche, l’éducation et l’enseignement avec une trajectoire en cours vers plus de technique et de sciences pour coller à l’employabilité ? Nous aurions pu lister les infrastructures sportives comme Dakar Arena, l’Arène de lutte, les stades et infrastructures dans les régions et bientôt le Stade Olympique. 

Nous aurions pu rappeler que c’est le Président Macky qui a finalisé les travaux de l’AIBD de Diass à hauteur de 66% avec au moins une économie de 64 milliards et une prise de part de 34% du Sénégal dans le capital pour un schéma initial de 0% de part prévu dans le schéma de l’ancien régime. Avec le Président Macky SALL, nos choix infrastructurels sont de plus en plus articulés aux zones d’activité économique.

En huit ans de Présidence de Macky, nous avons eu plus de 500 000 emplois nets crées, compte non tenu du secteur primaire notamment l’agriculture. Il est vrai que la demande semble dépasser l’offre d’emploi raison pour laquelle d’autres secteurs comme l’agriculture et l’auto-emploi ont été mis en priorité avec des leviers financiers comme la DER/FJ. Notre agriculture a connu grâce à la mécanisation et une meilleure maitrise des intrants des bonds extraordinaires. Juste à titre illustratif, la production d’arachide de 527 000 tonnes en 2011 est à 1 800 000 tonnes, c’est-à-dire qu’elle a été multipliée par 3,5. Le riz dans la même période a été multiplié par 2,5 au moment où la pomme de terre l’était par treize passant de 12 500 à 160 000 tonnes. L’oignon au moins a été multiplié par 2, la pastèque par 6. La liste est longue et ce sont des centaines de milliers d’emplois qui ont été créés en milieu rural.  

En huit ans de Présidence de Macky, chacun peut témoigner que le Sénégal a plus que doublé la production énergétique avec les nouveautés que constituent les centrales solaires et éoliennes qui ont permis une meilleure maîtrise des factures d’électricité en attendant le basculement irréversible vers plus de gaz. Nous avons également en huit ans doublé le nombre de villages électrifiés.

En huit ans de Présidence de Macky SALL, l’équité territoriale et l’inclusion sociale sont de plus en plus devenues une réalité partout grâce à des programmes inédits comme le PUDC, le PUMA, PROMOVILLES, le programme de bourses familiales, la CMU, les cartes d’égalité des chances, etc. Ces programmes en plus du volant social sont en réalité le marqueur du libéralisme social de Macky SALL qui est dans une stratégie de cassure progressive de la transmission intergénérationnelle de la pauvreté pour élargir la base des « participants à la production de richesse ». Les politiques sociales sont d’abord économiques parce que libérant un peu plus la femme rurale de la pénibilité du travail par la couverture hydraulique, l’électrification universelle, le numérique inclusif, la mécanisation de la production et de la transformation des produits du secteur primaire. Il faut aller en milieu rural loin du snobisme urbain pour mesurer ce qui a été fait par le Président Macky SALL.

Notre économie a connu un taux de croissance qui est passé de 1,7% en 2011 à 7,2% en 2019 nous permettant de mieux résister que beaucoup de pays à l’extraordinaire choc mondial qu’est la COVID-19.

Nous devons au Chef de l’État la réussite de la stratégie de riposte sanitaire parce que l’État a mis dans la phase de résilience plus de 64 milliards de FCFA. Notre gouvernement a mis dans la riposte sociale contre la COVID-19 plus de 100 milliards de FCFA pour payer des factures d’électricité au profit de 975 522 familles, des factures d’eau de 670 000 familles, des vivres pour plus d’un million familles et des appuis à la diaspora. Dans cette phase COVID-19, pour la sauvegarde macroéconomique et financière, ce sont plus de 800 milliards de FCFA qui ont été injectés en soutien aux entreprises afin d’atténuer les effets de la baisse d’activités et maintenir ainsi des salaires des travailleurs. Durant la pandémie, malgré le dérèglement des chaines d’approvisionnement mondiales, notre pays a garanti correctement son approvisionnement en hydrocarbures, produits médicaux, et denrées de consommation courante en luttant contre l’inflation.

Mieux que la résilience, notre pays est dans la relance avec le PAP 2A qui vise l’accélération des atteintes de souveraineté alimentaire, sanitaire, pharmaceutique, brefs économique et sociale, par l’accent mis sur le soutien au secteur privé national à travers des mécanismes d’intervention plus rationnelle de structures publiques.

Pour dire simplement la tristesse de voir que le débat public tend par l’évènementiel et les effets d’annonce à occulter à la fois la gravité de l’heure due à l’intrus de trop nommé COVID-19 mais aussi par un désaxage simpliste des options d’ouverture issues du dialogue national.

Ceux qui ont fait le choix de répondre à l’appel du Chef de l’État sont dans des postures républicaines. Ceux et celles qui ont fait le choix du populisme en « tirant sur tout ce qui bouge » sont dans des postures crypto personnelles comme c’est le cas avec la victimisation ambiante sur la question de la décentralisation qui, en réalité va au-delà de Dakar.

En vérité constant dans sa logique de désenclavement vital pour le pays, le Chef de l’État a fini récemment de valider le, Plan national d’aménagement de de développement des territoires. Ce plan qui doit aboutir à l’érection de dix métropoles d’équilibre pour décongestionner la région de Dakar et promouvoir l’émergence de pôles de développement à l’intérieur du pays permettra plus d’efficience dans les interventions structurantes de l’État en phase avec le PSE.

Ceux qui s’arcboutent sur le département de Dakar doivent savoir que l’option de l’État est plus ambitieuse pour la région de Dakar et le reste du Sénégal. Il suffit de voir ce que le Président Macky SALL a fait à Diamniadio pour comprendre que l’Homme d’État qui a installé plus de deux tiers du Gouvernement dans le département de Rufisque est dans la grande révolution du « Grand Dakar » qui va du cap à Diamniadio et des dix autres mégalopoles pour bâtir avec plus d’équité et d’inclusion. En vérité, ceux qui veulent réduire le débat au 0,28% de superficie nationale de la région de Dakar, n’ont pas vu la révolution en marche vers l’équité territoriale qui s’intéresse en actes depuis 2012 aux 99,72% avec les dix mégalopoles qui iront à l’horizon 2035 de Thiès à Kédougou.

C’est pourquoi réduire le débat sur la ville-département de Dakar est une hérésie venant des opposants puisque depuis quatre ans c’est le Président Macky SALL qui gagne à Dakar. Cela a été le cas successivement en 2016 lors du referendum, en 2017 lors des législatives et 2020 lors de la présidentielle. Le débat sur Dakar n’est pas sur Dakar en réalité. Il est sur la douloureuse page du modèle hérité de la colonisation qu’un Homme d’État est en train de tourner depuis 2012 sans tambours ni trompettes par la construction progressive du Sénégal des profondeurs.

Comme annoncé dans le Yoonu Yokkute par le candidat Macky SALL, le chemin sera difficile, mais nous devons être persévérant. Le véritable débat en réalité est d’évaluer objectivement ce qui a été si bien fait en seulement un quart du trajet qui mène en 2035. Ce vrai débat du développement sera toujours obstrué par ceux et celles qui ne pensent qu’à leur position sur l’échiquier avant de penser pour la patrie. Il appartient aux patriotes de tous bords de sortir du carcan pour poser le seul débat qui vaille à savoir celui de l’inclusion et de l’équité dans le développement national, ligne de mire du Président Macky SALL qu’il faut voir à condition de « sortir un peu plus le nez du guidon » évènementiel et crypto personnel. Le courage n’est pas dans l’opposition au régime, mais bien dans l’audace de débattre sereinement pour la patrie.

Le Président Macky SALL a eu la clairvoyance de mettre l’horizon en 2035. A quinze ans du terme, un débat sur les actes et la trajectoire semble plus important pour tous. Ceux qui l’ont compris répondrons courageusement à l’appel pour plus de pacification de l’espace politique afin d’avoir plus d’énergie à consacrer à l’enjeu du développement de Dakar la lointaine région à Kédougou la proche de notre avenir africain. Il faut pour certains un désenclavement des esprits pour comprendre la belle trajectoire d’émergence dessinée dans la vision de l’Homme d’État Macky SALL et si bien mise en œuvre après seulement 25% du parcours qui sépare de 2035.

Mamadou NDIONE

DG COSEC

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