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Violences post-électorales : Les Etats-Unis chopent le virus africain

Les Etats-Unis d’Amérique, pays réputé pour sa démocratie reluisante et séduisante, à travers les quatre coins du monde, a vécu une histoire sombre, le mercredi 6 janvier 2021. Une chose jamais connue dans le passé au pays de l’oncle Sam, qui a fait le tour du monde. Des scènes de violences post-électorales, gangrène des démocraties bananières, ont traversé les frontières du géant américain jusqu’à envahir le Capitole des Etats-Unis (bâtiment qui sert de siège au Congrès, le pouvoir législatif).

Les images effarantes que le monde entier a suivies, hier, sur les grandes chaînes de télévision occidentales, ne relèvent ni de montage, ni de film-fiction. Mais il s’agit bien des scènes de violences post-électorales. A première vue, on se croirait s’être trompé de pays. Mais non. Cela se passe bien aux Etats-Unis d’Amérique. Hier, dans cette grande démocratie du monde, des centaines de militants républicains, qui agissaient sous l’instigation du président sortant Donald Trump, ont envahi violemment le Capitole pour tenter d’empêcher la certification de l’élection du président élu, le démocrate Joe Biden. Il s’en suivra des heurts inouïs entre les forces de sécurités et les contestataires. « Une honte pour les Etats-Unis, mais pas une surprise », pour reprendre la vive réaction de l’ancien président démocrate Barack Obama.

De même, plusieurs présidents des grandes puissances ont vigoureusement dénoncé cette énième tentative de remise en cause du suffrage du peuple américain. Excepté le président Jair Bolsonaro du Brésil, l’ami de Trump. Ces affrontements qui ont pour soubassement anti-démocratique ne devraient, à vrai dire, surprendre personne. Car, durant tout son magistère le président Trump n’a de cesse montré sa maladresse instinctive sur tous les dossiers d’Etat.

En tout cas, ces événements sanglants (une femme tuée par balle à l’intérieur du Capitole et trois autres sont personnes mortes durant les échauffourées) vont être traînés partout par la première puissance mondiale comme une balafre. Aujourd’hui, on se demande comment un pays comme les Etats-Unis a pu élire à sa tête un personnage aussi cynique et iconoclaste que Donald Trump.

Tellement son intempérance de langage est choquante et indigne d’un dirigeant d’un Etat démocratique. A fortiori, quand il s’agit de celui-ci des Etats-Unis. Depuis la date de la présidentielle américaine (mardi 3 novembre 2020), le 45ème président des Etats-Unis se complait à poser des actes séditieux visant à entacher le processus électoral.

Donald Trump n’a jamais reconnu officiellement sa défaite cuisante, même à deux semaines de la passation de pouvoir. Dans une vidéo à contenu subversif diffusée ces jours derniers, il serine qu’il y a bel et bien fraude électorale. Au regard de la véhémence avec laquelle il défend ses allégations de fraude, on se demanderait, avec ironie, si Donald Trump n’a pas subi un cours d’initiation dans un pays africain sur la contestation électorale.

Parce qu’en Afrique crier au bidouillage électoral est la règle et s’avouer vaincu par l’adversaire en est l’exception. Monsieur Trump sait mieux que quiconque qu’il ne détient aucun moyen lui permettant de faire passer son jeu anti-démocratique, eu égard à la solidité des institutions des Etats-Unis. La preuve, après plusieurs semaines de contestation, il a finalement accepté admis la fin de son mandat, ce jeudi 7 janvier 2021. Par contre, dans sa stratégie de mauvais perdant, il cherche à semer le doute quant à la sincérité et la transparence de l’élection de son successeur à la Maison Blanche. Et Dieu sait qu’il a réussi en partie son coup, le 6 janvier 2021.

En tout cas, Joe Biden aura du mal à se départir de cette balafre, surtout auprès des « ennemis » des Etats-Unis. Le nouveau locataire de la Maison Blanche aura désormais tout l’embarras de rappeler à l’ordre des pays comme la Russie, la Chine, la Corée ou encore l’Iran, etc. Lorsqu’ils continueraient de fouler aux pieds les règles en matière de démocratie.

Boubacar Demba SADIO

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